Une dame, nerveuse, 1m55.
Elle me rejoint au niveau du passage piéton et me demande si je sais où est la rue Félix Faure. Je pourrais lui répondre « on dit s'il vous plait », mais son ton hautain m'incite à me montrer docile.
« C'est précisément là que je me rends, lui répondé-je, vous n'avez qu'à me suivre. »
Mais comme je le pressentais, Madame est contrariante : « Non ! je suis pressé, je ne peux pas vous attendre. » « Dans ce cas, tournez à gauche après le pont et continuez tout droit. »
Le signal tarde à passer au vert si bien que nous sommes toujours devant le même passage piéton. Ayant renoncé à traverser la bretelle de périphérique sans l'accord du feu tricolore, traffic oblige, la petite teigneuse se met à gigoter tout en lorgnant sa montre pour mieux apprécier les effets des secondes qui s'échappent.
Vert ! Elle s'élance !
Je reprends ma marche tranquille et ma lecture. La naine hystérique a pris dix mètres d'avance. Elle trottine aussi vite qu'elle peut, ses mèches blondes offertes au vent suavement parfummé à la brisure de riz du foyer social d'à côté. Las ! la voilà qui s'essouffle. Elle ralenti, mais ne s'arrête pas de trottiner pour autant. La fierté nabotique dans toute sa splendeur.
Je la dépasse bientôt, puis m'arrête un instant pour l'attendre et lui lancer : « Voilà, vous y êtes ! »
La blonde au passage clouté
vendredi 13 janvier 2006 à 12:38
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