Ou pas ?..
Je viens de penser à un truc. Juste une idée en l'air. Quand certains évenements sont d'une manière ou d'une autre douloureux, on dit souvent, ou on entend dire qu'il ne faut pas s'accrocher au passé, qu'il ne faut plus y penser, qu'il faut oublier, ou autres phrases dans le même genre. Pourtant le souvenir lui-même, sans se préoccuper de ce qu'il vaut, il appartient au présent. Il continue à vivre, à resurgir à tout moment sans avoir été invoqué, par une simple association d'idées ou une évocation visuelle. Comme s'il demandait de sa propre volonté à durer. Faut-il donc remplacer la formule qui dit de ne pas s'accrocher au passer par une autre qui dirait de ne pas se souvenir des souvenirs ? Ça sonne paradoxal. Un souvenir, la seule chose qu'on peut faire avec, c'est s'en souvenir. Et si je pense qu'on peut faire en sorte de ne pas l'entretenir, je ne crois pas qu'on puisse volontairement l'effacer. Je ne sais même pas s'il peut disparaître complètement un jour...
C'est pas grave, j'aime bien mes souvenirs :-D
On a parfois l'impression d'entretenir de "mauvais souvenirs", mu par une volonte forte de les conserver comme des joyaux de l'experience. A y regarder de plus pres, ce qui fait que l'on s'attache, ce n'est evidemment pas que le souvenir est "mauvais", c'est justement le bien emergent de ce souvenir. Par exemple, ce peut etre la demonstration de notre capacite a assumer le mal qu'il y avait dans l'evenement dont on se souvient. Image simpliste pour clarifier, si besoin est. Je me souviens avoir eu la grippe : mauvais souvenir, croit-on. Mais il a la signification latente suivante : j'ai survecu a la maladie. D'ailleurs, a terme, ce souvenir-la n'evoque plus de douleur.
Il y a un temps pour oublier des fragments, mais il y a d'abord un temps pour conserver le plus precisement possible le souvenir qu'on a. A partir du souvenir du proche passe, on peut analyser (eventuellement autrement que par un processus rationnel) ce qui a conduit au developpement d'elements negatifs de maniere a decouvrir comment maximiser la creation de "bien". Lorsque s'acheve ce processus, on a en mains la capacite d'etre plus heureux... Il ne reste plus qu'a l'investir pour transformer cette virtualite de bonheur en une realite.
Tout cela se passant en large part dans l'inconscient, on a beau avoir idee des forces qui nous meuvent, elles ne sont pas moins imperieuses. Ne croyons pas sottement que notre liberte reside dans l'affranchissement de l'immanence : elle est dans le depassement de l'immanence. En comprenant mieux ce qui nous pousse a l'action, on devient plus capable de prendre sa vie en charge.
Et gardons-nous de tout pessimisme. Les fleurs poussent aussi sur les rives du Styx.
et les souvenirs c'est quand même ce qui nous aide à ne plus approcher la main d'une flamme après nous être brûlé une fois, pour ne plus revivre la douleur enregistrée. Les souvenirs c'est donc l'expérience et qu'ils soient bons ou mauvais, ils apportent quelque chose de bon.
Souvenons nous...