Les deux cerveaux. Premières expériences
mardi 11 juillet 2006 à 14h43

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que votre cerveau est composé de deux hémisphères. L’hémisphère gauche contrôle le côté droit de votre corps, et l’hémisphère droit contrôle le côté gauche. Cela dit, ces deux parties ne sont pas complètement symétriques chez l’homme, contrairement à la très grande majorité des espèces animales. Le signe extérieur le plus flagrant de cette asymétrie est la latéralité manuelle — on compterait à la naissance 25% de gauchers, mais seulement 10% le resterait à l’âge adulte. Chaque hémisphère développe de manière complémentaire des fonctions cognitives supérieures qui lui sont propres, un mode de pensée particulier d’une grande complexité. L’hémisphère gauche, aussi appelé hémisphère dominant parce qu’il est le siège de la parole, est verbal, rationnel, logique et analytique. L’hémisphère droit est celui de la visualisation spatiale, de la coordination et du sens artistique. Il est non verbal et global. Ils sont reliés entre eux par un nombre important de fibres nerveuses situées stratégiquement au centre du cerveau qui constituent ce que l’on appelle le corps calleux. Les deux modes de fonctionnement du cerveau interfèrent mutuellement, empêchant la totale exploitation de leur potentiel. Parfois ils coopèrent, parfois ils peuvent fonctionner indépendamment, l’un étant actif et pas l’autre, parfois ils entrent en conflit. La plupart du temps d’éveil c’est le cerveau gauche qui domine. Il aime faire le patron, et s’octroyer des tâches qu’il n’est parfois pas le plus à même de réaliser. Il ne cède la main au cerveau droit que lorsque la tâche à accomplir le dérange vraiment — par exemple quand elle demande beaucoup de temps et d’observation, car le cerveau gauche est temporel contrairement au droit — soit parce qu’il ne sait tout simplement pas faire. Nous n’expérimentons que rarement des conflits entre les deux hémisphères, je veux dire d’une manière suffisamment forte pour en avoir conscience. Il est cependant possible de créer des situations qui les mettent en évidence. Cela peut prendre la forme d’une sensation de gêne, vertige intérieur, ou même un blocage physique. Vous l’avez peut-être déjà ressenti. Personnellement, je pense à un cas où cela se produit systématiquement. Lorsque je suis en train de jouer du piano, pas en train de déchiffrer, vraiment en train de jouer un morceau que je connais bien, que j’ai intériorisé, je suis quasiment sûr que c’est mon hémisphère droit qui est principalement actif. Je pense la musique d’une manière globale, c’est même tout juste si je la pense, si bien que quand je m’interromps je ne sais dire où j’en étais, j’ai du mal à repartir. Le conflit se produit quand on me pose une question tandis que je joue. Dès que j’essaie de parler, les mots sortent de façon confuse de ma bouche et je suis obligé soit de me taire, soit d’arrêter de jouer. Je pense que le cerveau droit doit essayer de répondre, mais comme cette tâche, la parole, est typique du gauche, le blocage apparaît.

C’est le livre « dessiner grâce au cerveau droit » de Betty Edwards que je viens d’acquérir qui m’a donné envie de vous faire cette longue introduction. Le sujet est vraiment passionnant, j’y reviendrai sans doute bientôt.

Laissez un commentaire





:-) :-( )-: :-D :-p :-/ ˆ_ˆ :'-( (na!) ;-) ;-p :-$ :-s (lover) o_O (r) (l)