Ridicule, renoncule, pédoncule...
mercredi 1er février 2006 à 12h43

Elle essayait d'ouvrir les portes du wagon bien avant qu'il fut arrêté, comme si ce geste maladif trahissant son stress allait retarder le départ du train d'en face. L'ouverture ne céda qu'après l'immobilistaion totale de la rame. Le quai large de quatre mètres, unique obstacle qui sépare les lignes 5 et 7 en Gare de l'Est, dut lui paraître interminable. Mais contrairement à la dernière fois elle arriva trop tard, et c'était d'autant plus rageant qu'elle y était presque. Telle la sprinteuse venant de se rendre coupable d'un faux départ, elle s'arrêta en plein vol, devant les portes tout jute refermées du métro qui se mettait en mouvement. Les talons fumants, le cheveu éventé et le souffle court, elle fit alors ce qu'elle fait toujours : comme si de rien n'était. Tandis que le peloton à la traîne la rejoignait, elle avait déjà dégainé une revue et cachait derrière son teint rougissant. Elle ne lisait pas : elle se contentait de faire semblant, préférant vérifier furtivement si quelqu'un avait remarqué le comique de sa situation. D'ordinaire, j'aurais eu envie de lui dire que le ridicule ne tue pas et qu'elle était complètement parano, personne ne la regardait. Mais là justement, si. Tout le monde la regardait, furtivement. Tout ce monde qui s'intéresse aux autres en faisant très attention de ne pas le montrer, là est le comique. Tragique ?

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