...Bah en fait je ne sais pas, je ne connais pas son nom ^^
Sur la place de la Bastille, un groupe de manifestants portent bien haut leur banderole sur laquelle on peut lire :
— « Rassemblement de sapeurs pompiers de Paris »
&mdash Ma parole ils n'ont pas l'air de pompiers ceux-là !
— Ah non, j'avais mal lu, c'est Rassemblement des sans papiers de Paris.
— Je me disais aussi...
X secouait la boîte en métal laqué de noir pour s'assurer que nul agglomérat ne viendrait gâcher la pureté de la poudre de jade. Puis retirant le couvercle, il laissait s'échapper un brouillard vert qui se dissipait bientôt en volutes évanescentes. Ces premiers gestes inauguraient matériellement sa façon personnelle de dérouler la cérémonie. Ici, pas de chambre spéciale, pas d'estampe ni pâtisserie au azuki. Pas de kimono non plus, d'encens ou d'arrangement floral. Juste le chasen qui le fascinait toujours autant deux ans après et un bol, qu'il choisissait au gré de ses humeurs. Son dévolu se porta sur le bol gris aux coulées blanches émaillées. Le chaudron. Son premier, le plus solennel, celui-là même qu'il avait mis tant de temps à aimer, et qui était maintenant son favori. Il aurait bien aimé disposer de la spatule en bambou pour doser le matcha mais ses cuillères faisaient bien l'affaire après tout. En ajoutant l'eau chaude, le thé devenait plus foncé puis retrouvait sa couleur à mesure qu'il était battu. La mousse fine crapotait au fond du chaudron et rien ne pouvait plus troubler sa satisfaction.
Jeudi c'est jour de marché sur le boulevard Richard Lenoir, et c'est le jour qu'à choisi ce mendiant pour faire sitting au pied de la station Bréguet-Sabin. En deux ans, je ne l'ai aperçu que le jeudi, toujours à la même place, assis avec ses deux jambes sur son chariot de cul-de-jatte. Chaque fois il a su retenir mon attention, et chaque fois la même interrogation a regermé dans mon cerveau étheré du matin. "Cet homme me rappelle quelqu'un, mais qui ?" C'était pourtant tellement évident. C'est Georges Bush que je reconnaissais sous les traits de ce clochard, dans son mutisme, dans sa faiblesse, dans son regard profond et vide inspirant la pitié... et qui me laissait finalement un arrière-goût de tromperie.
Un peu d'indulgence pour celui là, je l'ai fait en seulement dix minutes, histoire de brusquer et libérer un peu mon style.
Long time no see... Pour me faire pardonner, voilà un premier dessin. D'autres suivront très bientôt.



